Les pêcheurs d’Islande et leurs descendants – Février 2009

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Réouverture annoncée, « après travaux » de l’estaminet « Au joyeux retour des pêcheurs » en fin d’année 2009.

Dans les dernières décades du XIX ème siècle, sur ce même terrain, mais situé en façade de la rue principale de Zuydcoote, alors appelée rue du Palais, se trouvait un estaminet à l’enseigne « De gelukkige Thuiskomst der Vissers ».

GELUK signifiant « bonheur » ou « chance », on pourrait traduire cette enseigne par « Le chanceux retour des pêcheurs ».

Les pêcheurs, dont il est ici question, sont les pêcheurs pratiquant la grande pêche à la morue sur les côtes Sud-Est de l’Islande. Ils étaient appelés « LES ISLANDAIS », dans cette région côtière.

La vie de ces pêcheurs islandais était extrêmement difficile.

Pendant toute la durée du XIX ième siècle, les pertes par fortune de mer ont été extrêmement importantes, par naufrages, ou du fait des matelots emportés par des lames. Les plus grandes catastrophes, pour la circonscription maritime de Dunkerque sont celles des années 1836 (300 victimes), 1840 (18voiliers perdus, 185 marins péris en mer), 1877 (plusieurs goélettes naufragées. Mais la catastrophe dont la mémoire collective a le mieux conservé le souvenir est celle de l’année 1888.

Au cours d’une furieuse tempête, qui débuta le 17 avril et alla crescendo jusqu’au 30 avril 1888, la flotte dunkerquoise a perdu 7 voiliers coulés corps et biens, soit 125 islandais péris par naufrage, plus  40 pêcheurs enlevés du bord par des lames d’une violence terrifiante. Cette année là, le petit village de Zuydcoote perdit en Islande 21 officiers matelots et mousses. Le plus âgé avait 48 ans, le plus jeune 12 ans. Il y eut 12 veuves et 44 orphelins, plongés dans une condition misérable pendant de longues années.
Dans ces conditions de vie et de danger, il est évident que les pêcheurs hésitaient à retourner en mer pour la campagne suivante. Pour compléter le rôle d’équipage, le capitaine de pêche se transformait en racoleur et prospectait les auberges, cabarets et estaminets des villages de la côte. Après  maintes tournées de bière, de vin, d’eau de vie, l’engagement était scellé par l’octroi d’une prime d’engagement, qui liait le pêcheur. Il est propable que notre estaminet servait à l’époque de lieu de recrutement. Peut être est-ce pour cette raison, qu’il arborait une enseigne résolument optimiste et engageante en forme d’invocation ?

Cet estaminet était la propriété de Madame Elise DE COUTTER (1857-1925) issue d’une ancienne famille de Zuydcoote. Elle perdit en mer, en 1888, son premier mari, Stuurman sur la goélette SARCELLE puis en 1902 son second mari et son fils cadet âgé de 16 ans, disparus tous deux, sur une goélette vraisemblablement heurtée par un iceberg, sur les côtes d’Islande. Par la suite, l’établissement fut repris par sa fille Maria, épouse d’un marin, Eugène POLLEFOORT, qui fit 8 campagnes en Islande avant de naviguer pour la marine marchande. Rehaussé d’un étage, l’estaminet fut transformé en hôtel à l’enseigne « Hôtel du Centre ». Cet hôtel fut détruit en 1944, lors des combats de la libération autour de la poche de Dunkerque, comme la plupart des maisons du village.

L’arrière petit-fils d’Elise DE COUTTER, Jean Claude POLLEFOORT et son épouse Brigitte, ont décidé en 2007 de rebâtir un estaminet sur le même terrain et de reprendre l’enseigne d’origine :
« DE GELUKKIGE THUISKOMST DER VISSERS ».

Les premiers travaux ont mis à jour les fondations de l’ancien bâtiment.

1907

1907

1936

1936

2009

2009

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