L’histoire de Zuydcoote avant guerre – Mai 2009

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« AU JOYEUX RETOUR DES PECHEURS »

L’estaminet de Zuydcoote

Pour mieux connaître ce village et ses habitants, citons Raymond de Bertrand « Notice historique sur Zuydcoote »(1853) :

« Si, pour moi, Zuydcoote, a tant d’attrait, c’est que j’y ai passé les plus belles années de mon enfance, dont le souvenir m’est resté si doux à la mémoire; c’est qu’aussi mon emploi m’a ramené fréquemment au milieu de ces dunes arides et monotones où je n’ai trouvé que de bons et honnête habitants. »

L’origine de Zuydcoote est très ancienne. En l’an 33 avant Jésus-Christ, lorsque César fit la conquête des Gaules, les bords de la mer étaient habités çà et là par de pauvres matelots. Cette population s’accrut peu à peu et devient un hameau dont la principale industrie consistait dans l’exploitation de salines établies sur son territoire.

Une voie romaine, « Via vicinalia » reliait cet endroit au mont Cassel où rayonnait plusieurs autres routes.

Cette agglomération ne tarda pas à se développer au cours des siècles mais subit plusieurs tempêtes (820, 1200) qui obligèrent, à chaque fois, les Zuydcootois à relever courageusement les ruines du village. Elle obtient au 14ème siècle le nom de « ville et seigneurie », ce qu’elle désirait depuis longtemps.

A cette époque, Zuydcoote était une belle cité; elle comprenait trente deux rues et avait un hôpital pour les vieillards, les malades et les enfants. L’industrie et l’agriculture y étaient très florissantes.

En 1635, fut creusé le canal de Dunkerque à Furnes qu’on élargit trente ans plus tard.

Dans la nuit du 31 décembre 1776 au 1er janvier 1777, une terrible tempête éclate sur la côte. Le vent est d’une telle impétuosité qu’il soulève le sable des dunes. La plus grande partie de Zuydcoote fut enseveli, dont l’église qui dut être reconstruite. Le village se releva doucement pour devenir un paisible village de pêcheurs, d’agriculteurs.

Placé à l’extrême frontière du territoire de la République, il devait subir la conséquence de sa situation lors des différentes guerres: 1793, 1914-1918, 1940-1945…

Terminons cette première description par Raymond de BERTRAND rappellant l’apport des pêcheurs zuydcootois aux campagnes d’ Islande.

« Dans l’étendue de ce vaste horizon qui se déploie autour de vous, rien n’est pourtant plus pittoresque que le mouvement qui s’opère à la marée et les manoeuvres qu’exécutent les navires à la sortie du port de Dunkerque, alors surtout qu’ils se dirigent vers la mer du Nord. Rien de plus majestueux que le passage des cents voiles que les villes de Boulogne, Calais, Gravelines et Dunkerque envoient chaque année aux côtes glacées d’Islande. Ce spectacle imposant vous offre, durant plusieurs heures, le panorama le plus varié : vous semblez voir tantôt deux navires sur le point de s’attaquer, tantôt plusieurs marcher de conserve et s’attacher à la poursuite de ceux qui les précèdent. Et, lorsque la pointe des mâts a disparu, vous regagnez la ville, l’esprit vivement impressionné du tableau que vous venez d’admirer. »»

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