La vie familiale au temps des pêcheurs d’Islande – Mars 2009

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AU JOYEUX RETOUR DES PECHEURS
“De gelukkige thuiskomst des vissers»

Het HUIS : C’est la maison ; Het TEHUIS c’est le foyer, le “chez soi».
THUIS signifie à la maison, au logis.
Le verbe te Komen signifie: venir, arriver. De Komst c’est l’arrivée, la venue.
De THUISKOMST signifie le retour chez soi, au foyer.
Dans l’enseigne de cet estaminet, le terme THUISKOMST montre bien l’importance que les pêcheurs en Islande accordaient à leur foyer, à leur épouse, à leurs enfants, en un mot à la famille.

A L’HEUREUX RETOUR CHEZ EUX DES PECHEURS

Et non pas simplement le retour au port, au pays, au village, qui aurait été exprimé par le terme TERUGKOMST ou TERUGKEER.

La personne centrale de ce foyer était l’épouse «DE ECHTGENOTE» (la compagne légitime). Pas de vie familiale sans les liens sacrés du mariage, qui garantissaient la solidité du foyer. La personne la plus influente du village, Monsieur le Curé, (Meneer Pastor) y veillait. Les Islandais qui partaient en mer, chaque année, pour une durée de 6 mois, ou plus, ne pouvaient se permettre de quitter maison et famille sans être assurés de retrouver au retour (THUISKOMST) l’épouse et les enfants, et même certaines fois un nouveau né.

En l’absence du mari et des garçons qui embarquaient très jeunes: mousses (Kajuitjongen de 12 à 16 ans, Matelots (Matroos) à partir de 17 ans, l’épouse devait assurer les besoins de la vie quotidienne de la maisonnée. Le reliquat de l’avance perçue par les pêcheurs était vite dépensé, et l’épouse et les filles, en âge de la faire, devaient travailler dur pour trouver ces ressources supplémentaires:

  1. Travaux de jardinage dans le jardin entourant la maison.
  2. Pêche à la ligne ou au filet le long de la côte.
  3. Recherche de vers sur la plage.
  4. Pêche à la crevette (Garnaal), qui se pratiquait à marée base, dans l’eau jusque la taille, en poussant un filet (garnalennet). Les crevettes récoltées étaient placées dans un panier porté sur le dos. Les crevettes cuites étaient vendues sur les marchés ou dans les rues des villes et villages des alentours, jusqu’à Hondschoote et Bergues.
  5. Le travail dans les champs des fermes des villages environnants, lors de semailles, désherbage, moissons. Ce travail était effectué en groupes. C’était la bande (DE BENDE)

Pendant ce temps la grand mère, en général veuve d’un marin pêcheur, s’occupait des enfants, qu’elle élevait dans le respect de la morale et des traditions. La langue maternelle (moedertale) était le flamand du Westhoek, (DE VLAEMSCH). Depuis le XVIIIème siècle cette langue, en France, était uniquement de tradition orale. Elle a été progressivement abandonnée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Les enfants apprenaient le français à l’école du village.

René MARSY

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