La construction de l’estaminet des pêcheurs d’Islande de Zuydcoote – Avril 2009

15 avril 2009

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AU JOYEUX RETOUR DES PECHEURS

L’estaminet « Au joyeux retour des pêcheurs » ouvrira ses portes fin 2009. Il viendra combler un manque dans un secteur rural et maritime, qui attire de nombreux randonneurs et citadins à la recherche du calme de la campagne et des joies de la plage.

Amoureux du patrimoine flamand (architectural et festif) et descendants d’une longue lignée de marins originaires de Zuydcoote, les promoteurs projettent depuis longtemps d’ouvrir un estaminet. En 2007, le pas fut franchi et la décision prise. Le village ayant été complètement détruit lors de la dernière guerre, il s’agit de reconstruire un estaminet authentique, avec les matériaux d’origine (vieilles briques moulées à la main, pannes flamandes, vieilles poutres, vieux planchers et carrelages en tomettes, cheminée flamande, etc…).
Le terrain est situé au centre du village.
Décoré sur le thème de la Flandre maritime (pêche en Islande et patrimoine flamand de la campagne), l’estaminet pourra accueillir une cinquantaine de personnes. Il souhaite, par la qualité et la simplicité de sa cuisine, attirer une clientèle qui manifeste un renouveau d’intérêt pour les produits naturels, pour une cuisine vraie, saine, de proximité et pour la convivialité des repas pris en commun, bref, pour un repas « plaisir » servi dans un cadre original, agréable et convivial.

L’organisation de soirées régulières (chants en flamand, chants de marins, accordéons, etc…) viendra compléter cet aspect convivial et chaleureux apprécié par les gens du Nord.

Voici les différentes définitions de l’estaminet trouvées dans la littérature :

« L’estaminet pourrait tirer son nom de stamen, désignant le fil d’ourdissure du tissu…Le stamenij était donc,… le lieu où l’on trouvait la main d’œuvre au service du fil, dans nos régions vouées à l’industrie textile… » d’après Jacques Messiant.

A l’origine, salle soutenue par des estamets : venant du wallon estaminé, ou estaminea, venant probablement de stamon (poteau), servant à désigner une salle munie de poteaux de soutènement, caractéristique des salles de cafés, de bars de Wallonnie.

D’après Bescherelle : estaminet vient du flamand stamenay, dérivé de stamm, souche, famille, et qu’on a nommé stamme des assemblées de famille où l’on buvait et fumait.

Définition de l’estaminet dans l’indicateur des Flandres (février 1835)
« Je ne parlerai ici ni de la bière qui coule à grands flots, ni des colonnes de fumée qui tourbillonnent autour des buveurs, ni de la chanson soit française soit flamande qui d’un côté se module sur le ton grivois, d’un autre sur le ton héroïque, ce sont là les accompagnements ordinaires de toutes nos réunions bachiques villageoises. »

La vie familiale au temps des pêcheurs d’Islande – Mars 2009

15 mars 2009

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AU JOYEUX RETOUR DES PECHEURS
“De gelukkige thuiskomst des vissers»

Het HUIS : C’est la maison ; Het TEHUIS c’est le foyer, le “chez soi».
THUIS signifie à la maison, au logis.
Le verbe te Komen signifie: venir, arriver. De Komst c’est l’arrivée, la venue.
De THUISKOMST signifie le retour chez soi, au foyer.
Dans l’enseigne de cet estaminet, le terme THUISKOMST montre bien l’importance que les pêcheurs en Islande accordaient à leur foyer, à leur épouse, à leurs enfants, en un mot à la famille.

A L’HEUREUX RETOUR CHEZ EUX DES PECHEURS

Et non pas simplement le retour au port, au pays, au village, qui aurait été exprimé par le terme TERUGKOMST ou TERUGKEER.

La personne centrale de ce foyer était l’épouse «DE ECHTGENOTE» (la compagne légitime). Pas de vie familiale sans les liens sacrés du mariage, qui garantissaient la solidité du foyer. La personne la plus influente du village, Monsieur le Curé, (Meneer Pastor) y veillait. Les Islandais qui partaient en mer, chaque année, pour une durée de 6 mois, ou plus, ne pouvaient se permettre de quitter maison et famille sans être assurés de retrouver au retour (THUISKOMST) l’épouse et les enfants, et même certaines fois un nouveau né.

En l’absence du mari et des garçons qui embarquaient très jeunes: mousses (Kajuitjongen de 12 à 16 ans, Matelots (Matroos) à partir de 17 ans, l’épouse devait assurer les besoins de la vie quotidienne de la maisonnée. Le reliquat de l’avance perçue par les pêcheurs était vite dépensé, et l’épouse et les filles, en âge de la faire, devaient travailler dur pour trouver ces ressources supplémentaires:

  1. Travaux de jardinage dans le jardin entourant la maison.
  2. Pêche à la ligne ou au filet le long de la côte.
  3. Recherche de vers sur la plage.
  4. Pêche à la crevette (Garnaal), qui se pratiquait à marée base, dans l’eau jusque la taille, en poussant un filet (garnalennet). Les crevettes récoltées étaient placées dans un panier porté sur le dos. Les crevettes cuites étaient vendues sur les marchés ou dans les rues des villes et villages des alentours, jusqu’à Hondschoote et Bergues.
  5. Le travail dans les champs des fermes des villages environnants, lors de semailles, désherbage, moissons. Ce travail était effectué en groupes. C’était la bande (DE BENDE)

Pendant ce temps la grand mère, en général veuve d’un marin pêcheur, s’occupait des enfants, qu’elle élevait dans le respect de la morale et des traditions. La langue maternelle (moedertale) était le flamand du Westhoek, (DE VLAEMSCH). Depuis le XVIIIème siècle cette langue, en France, était uniquement de tradition orale. Elle a été progressivement abandonnée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Les enfants apprenaient le français à l’école du village.

René MARSY

Les pêcheurs d’Islande et leurs descendants – Février 2009

15 février 2009

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Réouverture annoncée, « après travaux » de l’estaminet « Au joyeux retour des pêcheurs » en fin d’année 2009.

Dans les dernières décades du XIX ème siècle, sur ce même terrain, mais situé en façade de la rue principale de Zuydcoote, alors appelée rue du Palais, se trouvait un estaminet à l’enseigne « De gelukkige Thuiskomst der Vissers ».

GELUK signifiant « bonheur » ou « chance », on pourrait traduire cette enseigne par « Le chanceux retour des pêcheurs ».

Les pêcheurs, dont il est ici question, sont les pêcheurs pratiquant la grande pêche à la morue sur les côtes Sud-Est de l’Islande. Ils étaient appelés « LES ISLANDAIS », dans cette région côtière.

La vie de ces pêcheurs islandais était extrêmement difficile.

Pendant toute la durée du XIX ième siècle, les pertes par fortune de mer ont été extrêmement importantes, par naufrages, ou du fait des matelots emportés par des lames. Les plus grandes catastrophes, pour la circonscription maritime de Dunkerque sont celles des années 1836 (300 victimes), 1840 (18voiliers perdus, 185 marins péris en mer), 1877 (plusieurs goélettes naufragées. Mais la catastrophe dont la mémoire collective a le mieux conservé le souvenir est celle de l’année 1888.

Au cours d’une furieuse tempête, qui débuta le 17 avril et alla crescendo jusqu’au 30 avril 1888, la flotte dunkerquoise a perdu 7 voiliers coulés corps et biens, soit 125 islandais péris par naufrage, plus  40 pêcheurs enlevés du bord par des lames d’une violence terrifiante. Cette année là, le petit village de Zuydcoote perdit en Islande 21 officiers matelots et mousses. Le plus âgé avait 48 ans, le plus jeune 12 ans. Il y eut 12 veuves et 44 orphelins, plongés dans une condition misérable pendant de longues années.
Dans ces conditions de vie et de danger, il est évident que les pêcheurs hésitaient à retourner en mer pour la campagne suivante. Pour compléter le rôle d’équipage, le capitaine de pêche se transformait en racoleur et prospectait les auberges, cabarets et estaminets des villages de la côte. Après  maintes tournées de bière, de vin, d’eau de vie, l’engagement était scellé par l’octroi d’une prime d’engagement, qui liait le pêcheur. Il est propable que notre estaminet servait à l’époque de lieu de recrutement. Peut être est-ce pour cette raison, qu’il arborait une enseigne résolument optimiste et engageante en forme d’invocation ?

Cet estaminet était la propriété de Madame Elise DE COUTTER (1857-1925) issue d’une ancienne famille de Zuydcoote. Elle perdit en mer, en 1888, son premier mari, Stuurman sur la goélette SARCELLE puis en 1902 son second mari et son fils cadet âgé de 16 ans, disparus tous deux, sur une goélette vraisemblablement heurtée par un iceberg, sur les côtes d’Islande. Par la suite, l’établissement fut repris par sa fille Maria, épouse d’un marin, Eugène POLLEFOORT, qui fit 8 campagnes en Islande avant de naviguer pour la marine marchande. Rehaussé d’un étage, l’estaminet fut transformé en hôtel à l’enseigne « Hôtel du Centre ». Cet hôtel fut détruit en 1944, lors des combats de la libération autour de la poche de Dunkerque, comme la plupart des maisons du village.

L’arrière petit-fils d’Elise DE COUTTER, Jean Claude POLLEFOORT et son épouse Brigitte, ont décidé en 2007 de rebâtir un estaminet sur le même terrain et de reprendre l’enseigne d’origine :
« DE GELUKKIGE THUISKOMST DER VISSERS ».

Les premiers travaux ont mis à jour les fondations de l’ancien bâtiment.

1907

1907

1936

1936

2009

2009

Meilleurs Voeux – Janvier 2009

15 janvier 2009

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Brigitte et Jean Claude POLLEFOORT LEBORGNE vous présentent 
leurs meilleurs vœux pour 2009.

Ils vous annoncent la réouverture,
après travaux, de l’estaminet « Au joyeux retour des pêcheurs » 
à Zuydcoote, à l’automne 2009.

Vous pouvez vous inscrire dès à présent sur le site 
pour recevoir toutes les informations sur l’avancement des travaux et 
sur les soirées proposées.

Au plaisir de vous recevoir,
A bientôt